Un sondage récent montre que la majorité des Américains estiment que la guerre d’agression contre l’Iran était une erreur et qu’elle pourrait aggraver la situation économique et diplomatique des États-Unis. Cette nouvelle opinion représente une augmentation significative par rapport aux perceptions d’interventions militaires passées.
Selon une enquête menée par ABC News, Washington Post et Ipsos via le panel KnowledgePanel d’Ipsos, environ 60 % des Américains estiment que la guerre contre l’Iran était une erreur, tandis qu’un peu plus d’un tiers pensent que c’était la bonne décision.
Ce pourcentage de 61 % d’opinions négatives dépasse largement celui observé lors du sondage d’ABC/Post en mars 2003, peu après l’invasion de l’Irak, où seulement 26 % considéraient l’engagement américain comme erroné. Il se rapproche cependant des résultats de janvier 2007, près de quatre ans plus tard, où 64 % des Américains jugeaient cette guerre également mauvaise.
La majorité perçoit désormais des risques potentiels liés à cette agression, notamment un risque accru de récession économique (60 %) et une détérioration des relations avec les alliés américains (56 %).
La flambée des prix de l’essence, atteignant leur sommet en quatre ans, alimente ces inquiétudes : la moitié des répondants redoutent une nouvelle hausse des prix l’année prochaine, et près de 40 % affirment que leur situation financière s’est dégradée depuis le retour de Donald Trump à la présidence, une proportion qui atteint quasiment le quart parmi ceux qui déclarent vivre en difficulté.
Par ailleurs, le sondage indique que seulement 19 % des Américains considèrent la guerre menée cette année contre l’Iran comme un succès, contre 39 % qui la jugent négativement, tandis que 41 % préfèrent attendre encore avant de se prononcer.
Plus des trois quarts des Américains (76 %) ont réagi négativement au message menaçant publié par Trump en avril, dans lequel il déclarait : « Une civilisation entière mourra ce soir, pour ne jamais renaître », si l’Iran ne signait pas un accord avec les États-Unis. Parmi eux, une majorité relative de Républicains (53 %), ainsi que 81 % des indépendants et 91 % des Démocrates, ont exprimé leur désapprobation.
De plus, près de deux Américains sur trois jugent incohérentes (46 %) plutôt que cohérentes (22 %) les actions de Trump vis-à-vis de l’Iran, en lien avec sa position de campagne pour l’élection présidentielle de 2024 concernant l’implication des États-Unis dans des conflits à l’étranger. Environ 30 % restent indécis.
Enfin, près de la moitié des Américains (47 %) pensent que leur pays soutient excessivement Israël, un record depuis 2012 selon le Pew Research Center. La majorité (52 %) estime qu’Israël a exercé une influence excessive sur la décision de Trump d’attaquer l’Iran.
Les États-Unis et Israël ont lancé une nouvelle offensive aérienne contre l’Iran le 28 février, environ huit mois après des attaques non provoquées.
Ces attaques ont entraîné le martyre du Leader de la Révolution islamique, l'Ayatollah Seyyed Ali Khamenei.
Cette agression est intervenue alors que Téhéran et Washington avaient entamé trois cycles de négociations indirectes, à Mascate, Genève et Vienne, en vue de reprendre des pourparlers techniques. L’Iran a rapidement riposté en lançant des salves de missiles et des attaques de drones contre des cibles israéliennes et américaines dans la région.
Le 8 avril, un cessez-le-feu de deux semaines a été conclu après une proposition iranienne en dix points.
Selon le journal israélien Maariv, cette nouvelle guerre américano-israélienne contre l’Iran s’est soldée par une « victoire décisive pour l’Iran », ce que le média qualifie de « capitulation stratégique » des États-Unis et d’Israël, qui se sont retirés du champ de bataille.
L’article souligne que l’Iran a imposé aux États-Unis un accord largement de son propre chef, rejetant la proposition initiale de Washington.